Centre d'Etude sur les Littératures Etrangères et Comparées

CELEC
EA 3069
Directeur : 
Emmanuel Marigno Vazquez
Directeur(s) adjoint(s) : 
Evelyne Lloze
Projet scientifique : 

Le rapport d’"Autorité", précédente thématique, impliquait un rapport hiérarchique ; la "Relation" permet d’examiner d’autres formes de rapports, horizontaux ou transversaux, linéaires ou rhizomatiques. La "Relation" est une notion transdisciplinaire et transculturelle convenant parfaitement à un centre de recherches comme le CELEC. La relation  peut être comprise comme récit, comme lien, comme support ou comme interaction.

La relation comme récit
La "relation", du latin relatio, désigne d’abord un récit, une narration. La relation des événements auxquels on a participé ou assisté peut-être ponctuelle ou régulière : exemples du genre autobiographique, du journal, du récit de témoignage, de la relation de voyage, du récit de filiation (D. Viart), de l’écriture de la mémoire, de la correspondance, de l’écriture épistolaire (à la fois relation comme récit et relation intersubjective), ou de la biographie.

La relation comme instaurant un lien de distance et/ou de proximité
La distance est d’ordre spatio-temporel. Cet intervalle mesurable, qui sépare deux objets, deux points dans l'espace ou encore des événements, des époques, est en outre un espace que l’on franchit pour aller d’un lieu à un autre.
Le lien peut prendre la forme de l’évocation des mondes lointains (littérature et arts) : les Amériques, l’Extrême-Orient, les antipodes ; elle peut être représentation des mondes anciens, distants ou traiter de l’actualité de ces mondes ; la distance peut valoir comme marqueur de différence (altérité/identité), comme distanciation (Verfremdung) au théâtre ; elle mène à étudier les effets de mise à distance (ironie, parodie, pastiche), mais aussi l’intervalle, l’espace entre deux points, les situations d’entre-deux (entre deux peuples, deux langues, deux cultures).
Le lien interpelle aussi l’intersubjectivité, la rencontre des subjectivités, des identités, la créolisation, le métissage, tout comme le plurilinguisme, l’hétéroglossie (rencontre des langues, langues en contact).
Enfin, le lien convoque l’idée d’une distance maximale : la rupture, la séparation, l’exil, la diaspora, le deuil.

La relation comme support de l’herméneutique littéraire
Cette troisième déclinaison renvoie à l’intertextualité et à la transtextualité (relation entre les textes, textes en contact), à la position de l’énonciateur (la scénographie selon Maingeneau) et sa relation au récepteur.
Sont également concernés la relation lecteur/narrateur/auteur, ainsi que la relation du texte au monde -question de la représentation, de la mimésis ou du lien de la littérature à l’événement.
Enfin, ce troisième axe engage la relation comme processus de comparaison, de rapprochement, d’analogie ou de parallèle.

La relation comme interaction humaine et sociale
La relation renvoie à une situation où interagissent plusieurs personnes, dans un lien de dépendance ou d’influence réciproque.
Sont ainsi concernées les relations sociales et leurs représentations dans la littérature ou dans les arts, ce qui peut prendre la forme :

  • du "conflit entre la poésie du coeur et la prose opposée des relations sociales et du hasard des circonstances extérieures." (Hegel, Esthétique) ;
  • des relations humaines "only connect" (E. M. Forster) ;
  • du  partage, de la solidarité ;
  • des lieux de sociabilité, du banquet, de la cérémonie, du commerce ;
  • de la famille, de la filiation (y compris la filiation littéraire), de l’amitié, de la liaison, de l’adultère ;
  • de la relation médecin/malade (au théâtre) ;
  • de la relation masculin/féminin ;
  • de la relation comme conflit, violence : conflits sociaux, choc des civilisations, guerre ;
  • de la dépendance (vs. l’indépendance) ; et
  • de la poétique de la relation (cf. Edouard Glissant) : le rhizome et la racine, l’un et le multiple, "la pluralité du divers", le chaos-monde.
Équipes de recherche : 

Le CELEC est un laboratoire qui a gommé la structure en sous-équipes dans un soucis de dynamiser l’interdisciplinarité, même si des manifestations plus spécifiques peuvent avoir lieu.
Historiquement, le CELEC regroupe des Enseignants-Chercheurs en : socio-linguistique ; littératures françaises et comparée ; études italiennes ; germanistique ; études ibériques, ibéro-américaines ; et en culture des pays anglophones.

Collaborations scientifiques : 

Partenaires académiques français :
Laboratoires de la COMUE (LCE et Passages XX-XXI, Univ. Lyon 2 ; Marge, Univ. Lyon 3) ; Universités de Bordeaux, Strasbourg, Toulouse.
Partenaires académiques étrangers :
Universités de Pampelune (Espagne), Cambridge (Angleterre), New York et Chicago (Etats-Unis).

Principales publications : 

MARIGNO, Emmanuel, MATA INDURAIN, Carlo, HERNAN RAMIREZ SIERRA, Hugo (Dirs.), Cervantès créateur et Cervantès recrée / Cervantes creador y Cervantes recreado, Bogotá, Pamplona, Saint-Etienne, Servicio de Publicaciones de la Universidad de Navarra, 2015, Colección BIADIG (Biblioteca Aurea Digital), 26.
CLAVARON, Yves, PICHERON, Emilie et SCHWEITZER (Dirs.), Orientalisme et Comparatisme, Saint-Etienne, PUSE, 2014, 170 p.
MORINI, Agnès (Dir.), Papes et Papauté : respect et contestation d'une autorité bifrons, Saint-Etienne, PUSE, 2013, 450 p.
DEL VECCHIO, Gilles, DUMONT, Raphaèle (Dirs.), Le père comme figure d'autorité dans le monde hispanique, Saint-Etienne, PUSE, 2014, 381 p.
CHAPUIS, Blandine, CHASSAGNE, Jean-Pierre (Dirs.), Étrangeté des formes, formes de l'étrangeté, Saint-Etienne, PUSE, 2013, 328 p.

Rattachement : 
Université Saint-Etienne
Coordonnées : 

CELEC - EA 3069
Université Jean Monnet - Bâtiment M - Site Tréfilerie - 35 rue du 11 novembre - 42023 Saint Etienne cedex 02
Tél. +33 (0)4 77 42 16 89 - Fax +33 (0)4 77 42 16 84 - nadine.lairatuniv-st-etienne.fr