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Mis à jour : il y a 21 heures 38 min

Boxing, the Gym, and Men : The Mark of the Fist

Mercredi 31 Janvier 2018

Jérôme Beauchez a le plaisir de vous informer de la parution de son dernier ouvrage : Boxing, the Gym, and Men : The Mark of the Fist, paru en janvier 2018.

Boxing, the Gym, and Men : The Mark of the Fist, trans. Michael C. Behrent. New York : Palgrave Macmillan, « Cultural Sociology » Series (Jeffrey C. Alexander, Ron Eyerman, David Inglis & Philip Smith, eds.).

Pour accéder à la table des matières :

http://www.palgrave.com/us/book/9783319560281

“Boxing, the Gym, and Men is an insightful ethnographic account of marginalized young people of the French banlieue. Without being romantic, it explains how they make meaning of their precarious lives through the experience of boxing. Informative and compelling, this scholarly work is also deeply moving ─ it is an important contribution to our understanding of immigration and disfranchisement in the social fabric of French urban life and culture.” Elijah Anderson, William K. Lanman, Jr. Professor of Sociology, Yale University.

“In its fine tuned phenomenological attentiveness to how boxers make sense of their experience by ‘working through' their bodies, Beauchez's carnal ethnography perfectly captures the vivid and nuanced immediacy of an embodiment in which domination is the key theme of both the fighters' encounters in the ring and their subaltern social circumstances.” Thomas J. Csordas, Dr. James Y. Chan Presidential Chair in Global Health, Professor and Chair, Department of Anthropology, University of California San Diego.

Boxing, the Gym, and Men
Boxing, the Gym, and Men : The Mark of the Fist
4ème de couverture Boxing, the Gym, and Men
4ème de couverture : Boxing, the Gym, and Men : The Mark of the Fist

Les classes sociales en Europe

Mercredi 31 Janvier 2018

Après avoir été relativement délaissées dans les travaux sociologiques au cours des années 1980-2000, les classes sociales sont de retour !

Cédric Hugrée viendra présenter l'ouvrage rédigé avec Alexis Spire et Étienne Pénissat, Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, Marseille, Agone, L'ordre des choses, 2017, 272 p.

Résumé : Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l'expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n'ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s'est accompagnée d'une occultation de la déstabilisation des classes populaires. Ces trente dernières années, les contours de l'Europe n'ont cessé de s'élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l'aide d'indicateurs de performance économique - productivité, taux de chômage - sans jamais s'interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d'une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d'individus éclatés touchés par la crise, l'objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d'un mouvement social européen.

Journée d'études « Santé mentale au prisme des expériences de genre et de sexualité minoritaires »

Mardi 23 Janvier 2018

Nous avons le plaisir de vous convier à la journée d'étude pluridisciplinaire que nous organisons dans le cadre du laboratoire junior « Théories et Performances de genre - Études queer et féministes » :

« De la psychiatrisation des troubles à l'avènement de la thérapie queer : santé mentale au prisme des expériences de genre et de sexualité minoritaires »

Le 2 février prochain à l'École Normale Supérieure de Lyon, salle D2 128

Programme

10h15 : « Les violences envers les personnes queer à l'université et leurs conséquences : de la mise en danger de la santé mentale au suicide », Cha Prieur [docteur.e en géographie, maître-praticien en PNL Humaniste]

11h30 : « Queer psychanalyse : pour une clinique mineure », Fabrice Bourlez [docteur en philosophie, psychanalyste, ESAD Reims]

14h00 : « Neuroatypie et transidentité : neurogenres et recoupement des violences psychophobes et transphobes », Alice Guedat [étudiante en Lettres Modernes] & Alistair Houdoyer [vidéaste web, étudiant en théâtre]

15h10 : « Homosexualité féminine et troubles des conduites alimentaires : à la recherche de l'Autre genre », Leslie Sulimovic [psychiatre, Institut Mutualiste Montsouris]

16h20 : « Stress post-traumatique et prostitution, ou la psychiatrisation d'une question sociale », Lilian Mathieu [sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre Max Weber-ENS de Lyon]

Résumé

Ces interventions visent à décrire et appréhender des situations empiriques où des expériences de genre et de sexualité dérogeant au cadre de l'hétéronormativité s'articulent à des problématiques de santé mentale.

La perspective sociologique nous invitera d'abord à mettre l'accent sur les conditions structurelles de la survenue d'une souffrance psychologique chez des personnes non cisgenre et/ou concernées par une sexualité minoritaire. Dans quelle mesure la stigmatisation de ces populations peut-elle, de fait, engendrer un mal-être psychique ? Le recueil d'observations de personnes trans, non-binaires et queer permettra une mise en perspective incarnée de ce questionnement. Face à ces témoignages, l'on pourra s'interroger sur la manière dont se positionnent la psychiatrie et la psychanalyse dans leurs formes modernes. Quelles sont les prises en charge envisageables pour celleux placé.e.s en dehors des normes de genre et de sexualité — personnes queer et/ou trans ? Les expériences cliniques d'analystes et d'accompagnant.e.s de personnes queer éclaireront les contours de ces nouvelles formes de suivis.

Ces perspectives thérapeutiques semblent d'autant plus remarquables que les sciences sociales exhument la pathologisation des populations non-cisgenres et/ou à la sexualité déviante. Cette stigmatisation est l'apanage, entre autre, des disciplines psychanalytiques et psychiatriques. L'on interrogera, à ce titre, les processus d'étiquetage qui affectent les personnes trans et les travailleur.se.s du sexe : à l'aune de quels dispositifs et prismes théoriques la psychiatrie les érige-t-elle en personnes psychiquement malades ? C'est une question que la prise en compte de l'agentivité des personnes étiquetées invite toutefois à coupler à celles des résistances : quels contournements et réappropriations du diagnostic peut-on, à l'inverse, observer au sein des populations pathologisées ? Soucieux.ses de réintroduire un dialogue disciplinaire, nous avons cependant pris le parti d'explorer des usages non-stigmatisants d'une tradition psychanalytique dépouillée de ses schèmes hétéronormés. Sera ainsi proposée une interprétation psychanalytique contemporaine de l'anorexie. Trop souvent rapportée à la surconformité à un idéal féminin elle mettrait en réalité en jeu l'invention d'un au-delà des genres féminin et masculin.

Notez que les interventions comporteront une demi-heure de communication et une demi-heure de questions-réponses avec le public. Vous trouverez ci-dessous le détail du déroulement de la journée ainsi qu'une version étendue du programme :

Programme complet de la journée d'études

Au plaisir, donc, de vous compter parmi nous le 2 février !

Marlène Bouvet, doctorante en sociologie
Christelle Compte, ingénieure d'études
Alice Feyeux, étudiante en sociologie
Alistair Houdayer, étudiant en théâtre
Héloïse Thomas, doctorante en littérature

« Ignorance scientifique et inaction publique. Les politiques de santé au travail » Intervention d'Emmanuel Henri au séminaire TIPO du 2 Février.

Mardi 23 Janvier 2018

L'équipe TIPO vous invite à assister à l'intervention d'Emmanuel Henry : « Ignorance scientifique et inaction publique. Les politiques de santé au travail »

L'intervenant

Emmanuel HENRY est politiste et professeur de sociologie à l'Université Paris Dauphine et chercheur à l'IRISSO.

Un aperçu de ses publications

Résumé de l'intervention

Sait-on qu'entre 14 000 et 30 000 nouveaux cas de cancers professionnels se déclarent chaque année ? N'est-il pas surprenant que l'activité économique soit la cause de milliers de malades et de morts et que personne n'en parle ? Comment expliquer qu'à l'exception du scandale de l'amiante, la question des substances toxiques et processus industriels dangereux soit éludée du débat public ?

En sociologue, Emmanuel Henry s'interroge sur les mécanismes qui aboutissent à cette occultation et analyse la façon dont s'élaborent, en silence, les politiques de santé au travail en France. Il montre en quoi les instruments et les dispositifs de gestion des risques professionnels sont aujourd'hui conçus par et pour des experts, ce qui rend leur appropriation par les représentants salariaux et par les citoyens très difficile. Devenus invisibles par méconnaissance, voire par production volontaire d'ignorance scientifique par les industriels, ces risques disparaissent purement et simplement des radars officiels, et c'est l'inaction publique qui l'emporte.

Où et quand ?

2 février 2018 – Salle André Frossard à l'Institut des Sciences de l'Homme (ISH). 14 avenue Berthelot, 69007 Lyon.

Animer l'espace public ? Entre programmation urbaine et activation citoyenne

Lundi 22 Janvier 2018

La thématique de l'animation des espaces publics est au centre de ce dossier thématique de la revue Ambiances. Elle est interrogée à l'articulation des lieux et des temporalités qui mettent en scène une pluralité d'actions et d'acteurs. Les contributions qui composent ce dossier proviennent de disciplines différentes : architecture, art, sociologie, géographie, sciences politiques, et ouvrent le dialogue entre diverses situations et démarches d'enquête. La fabrique de la vie citadine en est ainsi éclairée, de même que les conséquences de cette « activation » de nos modes de vie, et ses incidences sur la qualité de la vie urbaine. Trois grandes lignes traversent ainsi l'ensemble des contributions, permettant de mettre à jour les enjeux d'une telle thématique. Premièrement, l'animation conduit à interroger la part socio-esthétique des expériences habitantes et des processus urbains à l'œuvre. Deuxièmement, l'animation nécessite d'être questionnée dans sa profondeur historique, anthropologique et phénoménologique. Troisièmement, l'animation procède d'enjeux politiques de toute première importance et réclame de porter un regard critique et attentif à ses effets.

• Pascale Pichon et Jean-Paul Thibaud Animer l'espace public ? Une question pluridisciplinaire de recherche[Texte intégral] Livening the public space of the city ? A multidisciplinary question of research

« L'interprétation sociologique des rêves », nouvel ouvrage de Bernard Lahire

Mardi 9 Janvier 2018

L'interprétation sociologique des rêves, nouvel ouvrage de Bernard Lahire, directeur-adjoint du Centre Max Weber, est paru le 4 janvier 2018 aux éditions La Découverte.

Le rêve peut-il être appréhendé par les sciences sociales ? Objet devenu indissociable de la psychanalyse, étudié par la psychologie et les neurosciences, il était jusqu'à ce jour largement ignoré des sociologues. Certes, quelques chercheurs ont pu s'interroger sur la manière dont le rêve a été perçu selon les époques et les milieux. Mais ce que propose Bernard Lahire ici, c'est d'entrer dans la logique même de sa fabrication et de relier les rêves aux expériences que les individus ont vécues dans le monde social. L'ambition de cet ouvrage, inédit en sociologie, est d'élaborer une théorie générale de l'expression onirique. En partant des acquis du modèle d'interprétation proposé par Freud, Bernard Lahire s'efforce d'en corriger les faiblesses, les manques et les erreurs, en tirant parti des nombreuses avancées scientifiques accomplies depuis L'Interprétation du rêve.

À l'issue de cette recherche, le rêve apparaît, à l'opposé de ce que croyait Freud, comme l'espace de jeu symbolique le plus complètement délivré de toutes les sortes de censure, tant formelles que morales. La communication de soi à soi dans laquelle s'exprime le rêve fait de lui le plus intime des journaux intimes. Il livre, à qui veut s'y intéresser, des éléments de compréhension profonde et subtile de ce que nous sommes. Son étude permet de voir frontalement ce qui nous travaille obscurément, et de comprendre ce qui pense en nous à l'insu de notre volonté. Cette théorie de l'expression onirique contribue aussi à la transformation de la sociologie en lui donnant de nouvelles ambitions. Si le rêve fait son entrée dans la grande maison des sciences sociales, ce n'est pas pour laisser le lieu en l'état, mais pour en déranger les habitudes et en agencer autrement l'espace.

Plus d'informations sur le site des éditions La Découverte.

Journée d'étude - Corps vulnérables, corps exposés, corps invisibles : le prisme des cultures publiques

Lundi 8 Janvier 2018

L'objet de cette journée d'étude est de rendre compte, au travers des objets très divers, de la manière dont le travail sur la notion de « cultures publiques » peut éclairer la production, l'exposition et/ou l'invisibilisation de corps considérés (politiquement, socialement, médiatiquement...) comme vulnérables, et nos rapports à ceux-ci. Les terrains proposés pour penser cela sont aussi variés que les corps dans les transports, dans les médias, le sport LGBT et paralympique, l'homosexualité dans des espaces publics naturels et le circuit festif gay, une association d'auto-support de personnes transgenres (fréquemment travailleuses du sexe) vivant avec le VIH, ou encore le féminicide au Mexique.

Programme complet : 9h15 Accueil 9h30 Introduction de Julie Thomas (organisatrice de la journée), MCF STAPS à l'UJM, équipe 4 « Cultures publiques » du Centre Max Weber (UMR 5283)

9h45 Intervention de Philippe Liotard, MCF HDR en STAPS à l'Université Lyon 1, laboratoire L-VIS Corps exposés et corps vulnérables, une vision culturelle des différences L'idée de cette intervention consiste à penser la manière dont les corps vulnérables, exposés (au sens de confrontés) à un certain nombre de risques, paupérisés, stigmatisés, sont exposés (au sens de mis en scène) dans les médias et comment ils servent d'outil de communication aux ONG en quête de financements (dans une sorte de rhétorique immédiate, liée à l'image). En partant de la métaphore de « l'école des mendiants », d'Albert Cossery, nous discuterons comment l'exposition ou au contraire l'effacement des corps vulnérables rend compte de notre rapport à l'autre et à notre propre identité.

10h30 Intervention de Céline Belledent, postdoctorante, UJM, CMW Des corps dans les transports communs Dans ses travaux les plus récents, la philosophe Judith Butler propose de laisser de côté l'étude des corps marginalisés – rendus vulnérables, pour chercher plutôt à repenser les conditions de tous et toutes face à la vulnérabilité de certain-es. Sara Ahmed, une autre philosophe réfléchit elle à la production des corps par les émotions qui les traversent et par les contacts qui les impriment. Cette intervention invitera à réfléchir ces philosophies sur le terrain du train Saint-Étienne/Lyon pour interroger les conditions sociales et matérielles de déplacement des corps dans les transports en commun. Le terme de transport doit aussi être compris dans son sens plus ancien d'émotions fortes. Il s'agira de décrire les mouvements de ces transports et les impressions qu'ils laissent sur les corps et l'espace social qu'ils occupent. Comment le corps est compris comme vulnérable ou objet de mise à distance ? Comment le corps vulnérable fait-il son apparition ? Comment les politiques publiques des transports incitent mouvements, distances et contacts aux corps ?

11h15 : discussion sur les deux présentations 11h45-13h15 Pause-déjeuner

13h15 Intervention de Sylvain Ferez, MCF HDR en STAPS à l'Université de Montpellier, laboratoire SANTESIH « Étendre le champ culturel des possibles : enjeux liés à l'expression publique et à la mise en scène des pratiques sportives » En s'appuyant principalement sur des travaux menés sur le sport LGBT et sur le sport paralympique, cette communication interrogera les mobilisations sportives de groupes dits « minoritaires » comme des manifestions dans l'espace public d'une « lutte pour la reconnaissance » (Honneth, 1992) visant avant tout des effets culturels. Les formes sportives que prend ici l'expression de la « fierté culturelle » seront ainsi conçues à la fois comme une réponse active à l'expérience du mépris et comme un appel à la justice (Rawls, 1971). Pour ceux qui les produisent, ne s'agit-il pas avant tout de rétablir un sentiment de justice ? Les éléments apportés serviront, dans un second temps, à questionner la notion de « cultures publiques », notamment au regard de la nécessité d'échapper à l'opposition entre tenants du multiculturalisme et ceux de l'universalisme. Ce sera l'occasion d'éclairer sous un angle neuf certains enjeux de la montée du modèle social du handicap et de l'idéal d'une société inclusive. Intervention (30-40 min)

14h00 Intervention de Laurent Gaissad, docteur, maître-assistant associé à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Paris Val de Seine La fabrique des identités problématiques : cultures et sexualités publiques au temps du sida Détours par des enquêtes menées ces vingt dernières années, notamment : un travail de doctorat (« Une forme notoire de sexualité secrète : chronique territoriale du désir entre hommes dans le sud de la France », sous la direction d'Alain Tarrius) portant sur les formes d'appropriation sexuelle des espaces naturels et le rôle des acteurs publics à leur égard ; un post-doctorat de l'Université de Bruxelles consistant en une ethnographie du circuit festif gay européen s'intéressant au déplacement identitaire des hommes gais, et à la maximalisation de leurs échanges, notamment sexuels, par la circulation et l'usage de psychotropes, rompant avec la normalisation psychologique et médicale au temps du sida ; une recherche financée par Sidaction sur « La construction de la compulsivité sexuelle, des addictions et des risques multiples chez les homosexuels masculins » ; et un travail de recherche-action avec l'association ACCEPTESS-T d'auto-support de personnes transgenres vivant avec le VIH en Ile de France, dans un contexte marqué simultanément par l'expérience de la migration, de la prostitution, de la transidentité, du VIH et des discriminations multiples associées.

14h45 Intervention de Marylène Lapalus, doctorante en sociologie à l'Université Lyon 2, équipe 2 « Dynamiques de la vie privée et des institutions » du CMW Des espaces périphériques au centre : voir le féminicide dans la capitale du Mexique Si le concept de féminicide émerge historiquement au Mexique dans le contexte frontalier de Ciudad Juárez avant d'être mobilisé dans plusieurs états du pays, il est très difficile en revanche pour les actrices de la capitale de faire reconnaître que l'infamie du féminicide touche également les corps des femmes de la mégalopole. À partir de ce constat, cette intervention interrogera la position dominante de la capitale dans l'« approvisionnement en signification » (Hannerz, 2010 : 113) de la problématique du féminicide, la construction collective de Juarez comme paradigme de la violence de genre et au contraire celle du centre comme refuge pour les femmes. Cette communication s'appuie sur les résultats qualitatifs d'une enquête de terrain menée à México auprès des actrices et acteurs des espaces de résistance contre le féminicide et appréhende les manières de faire société face à la violence extrême. Dans un premier temps, nous reviendrons sur le rôle historique joué par les espaces de résistance du centre du pays dans la visibilisation de la problématique frontalière du féminicide au niveau national au début des années 2000. Nous envisagerons ensuite comment les actions publiques ont utilisé le poids du « phénomène Juarez » dans l'imaginaire collectif et ont au final occulté la violence masculine dans le reste du pays et en particulier dans la capitale. Enfin, nous mettrons en lumière plusieurs problématiques illustrant l'existence de la violence féminicide à México, de la violence institutionnelle contre les femmes indigènes à la violence contre les femmes journalistes et les défenseures des droits humains.

15h30-16h15 discussion sur les 3 présentations, puis discussion générale 16h15 Fin de la journée

LE SPORT DANS LA DOULEUR, De l'automédication au Mental training, une publication de Frédéric Mougeot et Thomas Bujon

Lundi 8 Janvier 2018

L'équipe TIPO est heureuse de vous annoncer la sortie de « LE SPORT DANS LA DOULEUR, De l'automédication au Mental training » aux Presses Universitaires de Grenobles (PUG).

Quatrième de Couverture

Se soigner, se doper, se droguer : y a-t-il encore une limite ? La pratique intensive du sport expose les athlètes au risque de blessure et à des douleurs. Apprendre à gérer ces douleurs physiques et morales fait partie intégrante de la carrière des sportifs de haut niveau. Pour les faire disparaître, les atténuer, les soulager ou les contrôler, les jeunes athlètes sont conduits à consommer des antalgiques, à recourir à des traitements multiples et variés, mettant en danger leur santé. Ces pratiques se situent à la frontière entre le thérapeutique et le dopage. Cet ouvrage, basé sur des récits de jeunes sportifs, de leur entourage (parents, staff, médecins) et d'athlètes de haut niveau s'intéresse aux normes de santé que les sportifs transgressent, à leur perception de la douleur. Il se penche aussi sur leurs parcours de soins et leurs pratiques thérapeutiques, les risques qu'ils prennent et qu'on leur autorise à prendre au nom du sport et de la performance. Il propose une réflexion renouvelée sur l'entrée dans le dopage et éclaire un phénomène émergeant : la consommation de médicaments antidouleur et des pratiques de Mental training dans le sport intensif.

Les auteurs

Frédéric Mougeot, sociologue, est membre du Centre Max-Weber (UMR 5283 CNRS), Université Lyon 2.

Thomas Bujon, sociologue, est Maitre de conférence à l'Université Jean Monnet de St Etienne et membre du laboratoire Triangle (UMR 5206 CNRS).

Thomas Reverdy : Les régulations du marché de l'énergie, le 12 janvier au séminaire de l'équipe TIPO

Lundi 8 Janvier 2018

L'équipe TIPO accueillera Thomas Reverdy pour nous parler de « la construction politique du prix de l'électricité » en centrant son regard sur les politiques énergétiques nationales face à la politique européenne de la concurrence et la construction d'un marché unique de l'électricité.

La thématique :

Résumé de la quatrième de couverture de « La construction politique du prix de l'énergie, Sociologie d'une réforme libérale » :

« La libéralisation des secteurs du gaz et de l'électricité, qui a mis fin à la tarification étatique fondée sur les coûts de production, s'est traduite par la mise en place de marchés « spots » où s'établissent les prix de référence pour les transactions avec les clients industriels.

Mais ces nouveaux marchés s'étant montrés particulièrement capricieux, les industriels consommateurs d'électricité ont été les premiers à en contester les prix. Les parlementaires français sont intervenus à plusieurs reprises pour reconcevoir l'organisation du marché de l'électricité et renégocier les exigences européennes. Quant aux clients industriels et aux fournisseurs de gaz, ils ont milité ensemble pour ralentir la formation d'un marché de gros et conserver les contrats à long terme avec les pays producteurs.

Ces controverses ont affecté les fondements cognitifs et normatifs de la réforme libérale et affaibli les autorités de régulation, forçant un retour du politique. L'intervention politique a donné la priorité au maintien de l'activité industrielle, au détriment des enjeux de la transition énergétique.

S'appuyant sur plusieurs enquêtes menées auprès des fournisseurs et des clients entre 2004 et 2010, l'ouvrage décrit l'importante infrastructure institutionnelle, organisationnelle et technique nécessaire pour transformer le gaz et l'électricité en marchandises et révèle le rôle fondamental des arbitrages politiques, y compris dans la conduite d'une réforme libérale et dans la conception d'un nouveau marché. »

L'intervenant

« Ma démarche de recherche s'inspire des travaux de Michel Callon, de Francis Chateauraynaud, de Nicolas Dodier, et elle s'est enrichie de la théorie de la décision inspirée de James G. March et de la philosophie pragmatique telle qu'elle a été reformulée en théorie des organisations par Karl Weick »

Extrait tiré du site de thomas Réverdy

Thomas Reverdy, sociologue des organisations et des marchés, est enseignant-chercheur en sociologie à Grenoble-INP et au laboratoire PACTE (Politiques publiques, action territoires). Ses recherches actuelles portent sur les apprentissages et les incertitudes dans la conduite de projets et l'organisation des marchés.

Quand et Où ?

Vendredi 12 janvier 2018 – de 10h à 12h30 salle André Frossard à l'ISH Centre Max Weber/ISH - 14 avenue Berthelot - 69007 Lyon

Intervention de Yves Schwartz à l'équipe TIPO ce 1er décembre.

Mardi 28 Novembre 2017

Yves Schwartz viendra présenter la démarche ergologique le 1er décembre 2017 au séminaire de l'équipe TIPO.

L'intervenant :

Yves Schwartz, philosophe et professeur émérite à l'Institut d'ergologie de l'université d'Aix-Marseille est le fondateur de la discipline en France.

Pour plus d'informations : http://www.sante-et-travail.fr/yves-schwartz--l-explorateur-de-l-activite-humaine_fr_art_1419_75122.html

Bibliographie : https://www.cairn.info/publications-de-Schwartz-Yves--26689.htm

L'ergologie

« L'ergologie, c'est une démarche de compréhension du système, une posture d'apprentissage permanent qui a des objectifs opérationnels de transformation sociale » résume Yves Schwartz. Elle repose sur les regards croisés et conjoints des chercheurs et des travailleurs sur la situation de travail pour agir sur cette dernière.

Pour plus d'informations : http://ergologie.hypotheses.org/

Où et quand ?

Ce vendredi 1er décembre de 10h à 12h30, salle André Frossard à l'Institut des Sciences de l'Homme.

[Rappel] Appel à communications : Colloque international : « La médecine en délibération » (04/12/2017)

Mardi 21 Novembre 2017

Les laboratoires Triangle et Centre Max Weber co-organisent avec SciencePo Lyon un colloque international qui se tiendra les 17 et 18 mai 2018 à l'ENS de Lyon.

Intitulé : « La médecine en délibération »

Un appel à communications est ouvert à cet effet.

Argumentaire partiel : réunions de concertation pluridisciplinaires sur des cas cliniques, comités d'éthique dans les hôpitaux, commissions des agences sanitaires, groupe de travail pour l'élaboration d'une recommandation médicale, expertises collectives ou réunions de synthèse entre équipes médico-sociales sont autant d'espaces relativement récents dans lesquels des collectifs divers discutent de la médecine. Qu'ils traitent de situations individuelles ou statuent sur des normes générales, édictant parfois des recommandations et des orientations, ces espaces collectifs ont en commun de répondre à une demande d'expertise et de mobiliser des savoirs scientifiques, au premier rang desquels les savoirs médicaux. Ils répondent également à une double exigence de participation (convoquer les représentants des différentes parties prenantes de la question traitée) et de délibération. Les savoirs médicaux se trouvent ainsi soumis à l'épreuve de la délibération dans des espaces collectifs (plus ou moins) élargis, non limités aux seules disciplines médicales et ouverts aux préoccupations sociales, économiques ou éthiques.

Qu'est susceptible de produire l'extension à la médecine de cet « impératif délibératif » (Elster, 1999 ; Blondiaux, Sintomer, 2002) ? Quelles formes concrètes revêt-elle ? C'est à ces questions que sera consacré le colloque « La médecine en délibération » qui s'intéressera à la mise en délibération (1), à la formalisation de la délibération (2) ainsi qu'à ses effets sur les prises de décisions (3).

Les propositions de communication de 6000 signes maximum (de préférence en français ou éventuellement en anglais) sont attendues pour le 4 décembre 2017. Elles sont à envoyer à Christine Dourlens (chdourlens@gmail.com), Gwenola Le Naour (gwenola.le.naour@sciencepo-lyon.fr) et Magali Robelet (magali.robelet@univ-lyon2.fr).

Les textes des communications retenues (de 40 000 signes environ) seront remis pour le 6 avril 2018. La participation au colloque est gratuite.

Contact : Magali Robelet
En savoir plus : appel complet en pièce jointe :

Journée transversale des doctorant·e·s du Centre Max Weber (Lyon, 24/11/2017)

Vendredi 17 Novembre 2017

L'équipe organisatrice a le plaisir de vous transmettre ci-dessous le programme de la journée d'étude transversale des doctorant·e·s du Centre Max Weber, qui aura lieu le vendredi 24 novembre, de 9h à 15h45, à l'Université Lyon 2, sur le site Berges du Rhône (salle CR09, bâtiment Clio, 16 quai Claude Bernard).

Cette journée vise à rendre compte de la diversité des recherches doctorales menées au sein du Centre Max Weber, c'est pourquoi aucun angle thématique ou méthodologique spécifique n'a été retenu. Les communications prévues sont ainsi issues de différentes équipes du laboratoire.

L'ensemble des membres du Centre Max Weber sont les bienvenu·e·s à cette journée.

Séminaire Image Animée : programme définitif 2017/2018

Jeudi 16 Novembre 2017

Qu'est-ce qui résiste à l'image ?

Pour un réalisateur ou un chercheur, est-ce toujours aisé de mettre en image ses objets, sa pensée et ses envies ? Qu'est-ce que les images occultent ou au contraire mettent en exergue ? Comment rendre visible l'invisible et audible l'inaudible ? Comment interpréter et lire les images produites, disponibles ou archivées ? Comment outiller les publics à cette fin ?

Des chercheurs, des professionnels de l'image et des acteurs de la vie associative réfléchissent en public, à partir de films et de leur expérience, sur ce qui résiste à l'image.

En 2017-2018, poursuivant sa réflexion autour des pratiques et des enjeux de l'usage de l'image animée en Sciences Humaines et Sociales, le Séminaire Image Animée du Centre Max Weber organise, en partenariat avec la MJC Monplaisir, la Cinémathèque de Saint-Étienne et l'association Entre Les Mailles, des projections, des débats, des ateliers…

Des chercheurs-réalisateurs présentent et mettent leur film en débat. Des sociologues et des anthropologues du Centre Max Weber ainsi que de jeunes chercheurs de l'École Doctorale de Sciences Humaines et Sociales, partagent et s'interrogent sur les divers usages qu'ils ont de l'image. L'association Entre Les Mailles et la MJC Monplaisir questionnent les pratiques de réalisation, production, diffusion, éducation. La Cinémathèque de Saint-Étienne nous confronte en atelier et sur site, aux questions liées à l'archivage, à l'indexation, à la documentation et à l'interprétation des images.

Huit dates sont fixées :

Le 18 décembre 2017, à la MJC Monplaisir
séance d'ouverture du cycle de séminaires du SIA, autour de Nadine Michau, anthropologue et cinéaste.

Le 29 janvier 2018, à la MJC Monplaisir, avec l'équipe 4 du laboratoire, Cultures publiques
autour du film et de l'enquête de Catherine Gauthier (sociologue, CMW).

Le 16 février 2018, avec l'équipe 3 du laboratoire, POCO, à l'ISH
autour des expériences que les chercheur.es de l'équipe mènent avec l'image animé.

Le 26 février 2018, à la MJC Monplaisir, avec l'équipe 4 du laboratoire, Cultures publiques
autour du film et de l'enquête d'Hannelore Girardot-Pennors (sociologue et cinéaste, CMW).

Le 9 mars 2018, à l'Aquarium Ciné-Café
autour du travail d'éducation à l'image réalisé par l'association Entre les Mailles.

Le 15 mars 2018, à l'ISH
retour d'expérience autour de la mise en place d'un module de formation de l'école doctorale 483 (UDL) portant sur les usages de l'image (fixe et animée) en SHS.

Le 06 avril 2018, avec l'équipe 1 du laboratoire TIPO, à l'ISH
autour du travail avec l'image de Jean-Paul Filiod (sociologue, CMW).

Le 25 avril 2018, à la Cinémathèque de Saint-Étienne
autour des problématiques d'archivage, sous forme de projection, conférences, et atelier.

Pour clore l'année, une séance de bilan et de programmation se tiendra le 8 juin 2018, à l'ISH.

Plaquette du programme en pièce jointe :

Séminaire « Travaux en cours » de l'équipe DPCS

Mardi 14 Novembre 2017

Voici le programme du nouveau séminaire Travaux en cours de l'équipe DPCS. Les séances ont lieu à l'ENS de Lyon, en salle D4 143 et sont ouvertes à tous et toutes.

Lundi 4 décembre 2017, 12h-14h

  • Camille Martin : La pratique du football féminin entre socialisation de classe et acquisition de ressources sociales.
  • Emmanuel Brandl : La place du « numérique » dans le capital culturel.

Jeudi 11 janvier 2018, 12h-14h

  • Muriel Pommier : Autour des concepts d'engagement et de professionnalité.
  • Une réflexion sur la base d'une enquête par entretiens réalisée dans le cadre de l'ANR ED2AO (Education au développement durable : Appuis - Obstacles") qui s'intitule « L'engagement des enseignants et des établissements scolaires du second degré dans l'éducation au développement durable : Vers une appropriation du changement ? »

Lundi 5 février 2018, 17h-19h

  • Corentin Roquebert : Catégories profanes de perception des groupes sociaux, quelques résultats d'analyses textuelles.

Lundi 12 mars 2018, 12h-14h

  • Emmanuelle Zolesio : L'éducation à la vie affective et sexuelle en classe de CM1-CM2.
  • Elodie Hommel : La socialisation amoureuse des enfants à travers la réception des films de Walt Disney.

Vendredi 13 avril 2018, 12h-14h

  • Pierre Mercklé : Réseaux sociaux et trajectoires biographiques, éléments pour un programme de recherches.
  • Pablo Jensen (IXXI) : Titre à déterminer.

Lundi 7 mai 2018, 17h-19h

  • Clémence Perronnet, Elif Can, Benjamin Brundu-Gonzalez : Lectures croisées

Lundi 4 juin 2018, 12h-14h

  • Séance à déterminer.

Colloque International « Le sans-abrisme en débats »

Jeudi 9 Novembre 2017

Actualités et nouvelles perspectives de la recherche en sciences sociales

Il y a trente ans, en 1987, l'ONU proclamait l'année internationale du logement des sans-abri (International year of shelter for the homeless). Depuis cette date, un nombre important de recherches a été produit sur le sans-abrisme. Un effort de recension et de cumulativité a été conduit dans le monde anglophone (Levinson, 2004) et francophone (Choppin, Gardella, 2013). Ce travail primordial ouvre aujourd'hui sur une nouvelle étape : la mise en débats. Ce colloque a vocation à constituer un espace privilégié pour confronter et discuter des approches méthodologiques, des perspectives épistémologiques, des théories et des concepts qui s'inscrivent dans ce domaine de recherche. Plus encore, il s'agira de se demander à quoi sert la recherche sur le sans-abrisme aujourd'hui et d'interroger sa dimension politique.

Le « débat » est envisagé comme une heuristique à même de (ré)interroger les analyses et les pratiques de recherche. Les chercheur-e-s prennent position, se situent et font dialoguer leurs travaux dans le domaine du sans-abrisme. Néanmoins, il semble essentiel de travailler sur les frontières et les porosités avec d'autres champs de recherche pour ouvrir de nouvelles perspectives. Enquêter sur ce problème public c'est aussi prendre en considération les conditions historiques, économiques, sociales et politiques qui influencent sa visibilité, son traitement et sa compréhension dans chaque contexte national. C'est pourquoi ce dialogue ne se réduira pas à la France et au monde francophone. Au contraire, ce colloque international sera l'occasion d'élargir les échanges à d'autres pays et à d'autres continents.

Politiques de l'enquête : postures et méthodologies

Mener l'enquête sur le sans-abrisme n'est pas un geste scientifique anodin. L'engagement de la ou du chercheur-e peut se lire tout au long du processus de recherche et rend compte de ce que nous appellerons ici les « politiques de l'enquête » (Fassin, Bensa, 2008). L'ethnographie est souvent présentée comme la démarche méthodologique la plus aux prises avec la question de l'engagement (Cefaï et al, 2010). Elle a déjà fait l'objet de controverses entremêlant notamment posture de l'enquêteur-rice, rapport au terrain ou finalité de l'enquête. Chez certain-e-s, la démarche méthodologique peut même se transformer en engagement militant (Hopper, 2003). Comment et sous quelles formes les chercheur-e-s s'engagent-ils/elles dans l'enquête ? Qu'en est-il des enquêtes statistiques ou archivistiques ? Le colloque poursuivra le débat sur cet engagement méthodologique particulièrement sensible lorsque l'on s'intéresse au sans-abrisme.

Loin d'être homogènes, les enquêtes sur le sans-abrisme sont directement liées au contexte social, historique et politique. Recherche académique, posture critique, expertise publique, recherche-action : une large palette d'enquêtes se dessinent. À cela, s'ajoutent les enquêtes menées par les observatoires, les associations, les journalistes ou les documentaristes. Comment peut-on qualifier ces enquêtes ? Quelles sont les connaissances et représentations produites ? Le colloque permettra de saisir la diversité des formes de l'enquête ainsi que les manières dont les chercheur-e-s en sciences sociales collaborent et discutent (ou non) avec cette pluralité d'acteurs qui mènent l'enquête.

Catégorisations : genèses, significations et utilisations

Depuis les années 1990, dans différents pays, des catégories se sont imposées pour désigner un phénomène de « nouvelle pauvreté » visible dans les espaces publics urbains : SDF, homeless, itinérants, moradores de rua, etc. Un premier acquis de la recherche sur cette question a été de saisir les genèses de ces catégorisations (Sociétés Contemporaines, 1998 ; Pichon, 2008). En prolongeant cette démarche, cet axe vise à replacer ces catégories dominantes dans un espace de lutte pour la définition d'un problème public, dans lequel d'autres catégories existent ou ont existé. Qui sont les producteurs de ces catégories ? Comment rentrent-elles en controverse ? Dans quels espaces, dans quels buts et avec quelles significations sont-elles utilisées ? Quels effets ont-elles dans le débat public ?

Les catégories sont aussi produites par les chercheur-e-s en sciences sociales, notamment dans l'optique d'en récuser d'autres et de mieux cerner leur objet. Sont-elles le produit d'une enquête ou la condition même pour pouvoir en faire une ? Les catégories sont plurielles et omniprésentes : utilisées par les institutions, les personnes concernées, les professionnel-le-s de l'assistance, elles permettent de désigner le phénomène et de le distinguer d'autres situations. Quelle est la place de ces différentes dénominations dans nos travaux et comment se positionne-t-on vis-à-vis d'elles ? On peut également se demander en quoi ces catégories (scientifiques ou « indigènes ») utilisées pour décrire ce problème public rendent compte (ou pas) de ses transformations objectives tel, par exemple, le recours croissant des familles, des femmes et des migrants aux dispositifs d'hébergement en France (Yaouancq et al, 2013).

Réponses : les prises en charge des sans-abri et les sciences sociales

Sans pour autant arrêter d'étudier les pratiques et les conditions de (sur)vie des personnes sans-abri, de plus en plus de recherches semblent s'intéresser aux réponses apportées au(x) problème(s) du sans-abrisme. Partant de ce constat, nous interrogerons la diversité des types d'actions publiques apportées – médicales, sociales, judiciaires/pénales, policières, etc. – depuis leurs définitions et leurs conceptions jusqu'à leurs mises en oeuvre sur le terrain. Quelles formes prennent-elles ? Quels sont les acteurs qui participent à leur implémentation ? L'objectif sera de comprendre la diversité des réponses dans une perspective aussi bien diachronique que synchronique . Les perspectives transnationales et comparatives permettront d'interroger aussi bien les similitudes que les différences entre les pays (De Swaan, 1988 ; Bruneteaux, Terrolle, 2010 ; Pichon, Girola, Jouve, 2016).

De manière réflexive, le colloque sera l'occasion de questionner la place qu'occupent les chercheur-e-s et leurs enquêtes dans les réponses apportées au sans-abrisme : comment participent-ils (ou non) à la définition et à la mise en oeuvre de ces actions publiques ? Quelles sont les formes, directes ou indirectes, de cette implication et à travers quelles scènes s'opère-t-elle ? Plus généralement, il s'agira d'interroger les formats de publicisation des travaux de recherche en sciences sociales, leur entrée ou non dans le débat public et leur confrontation avec d'autres types de savoirs et de connaissances. L'objectif sera ici de comprendre ce que font les sciences sociales au problème public du sans-abrisme.

« RAZZIA SUR LE TRAVAIL », une intervention de Patrick Rozenblatt au séminaire l'équipe TIPO ce 10 novembre.

Mardi 7 Novembre 2017

L'intervenant

Patrick Rozenblatt, sociologue du travail, est membre de l'équipe TIPO et professeur à l'Université de Lyon où il dirige la chaire « Egalité, inégalités et discriminations ». Ses recherches portent principalement sur l'analyse des hiérarchies professionnelles et salariales et sur les processus conflictuels qui les structurent.

Pour plus d'informations, cliquer ici

L'intervention

La séance s'appuiera sur son ouvrage Razzia sur le travail - Critique de l'invalorisation du travail au XXIème siècle (éd. Syllepse, 2017) dont voici une présentation

Que devient donc le travail quand l'emploi tend à quitter le salariat ?

L'« invalorisation » du travail ? !… Inutile de chercher ce mot dans le dictionnaire, vous ne le trouverez pas. L'idée de mise en valeur et de reconnaissance a beaucoup de succès, son négatif, la non-valorisation, peut se dire aussi, mais rendre compte d'un processus de disparition magique de la valeur, c'est-à-dire d'appropriation non divulguée, n'a pas encore été envisagé par l'académie. Et c'est précisément l'ambition de cet ouvrage que d'en comprendre la nature, la réalité et l'importance, d'en explorer la mise en œuvre, d'en analyser les conséquences et de réfléchir aux moyens de contrer cette formidable mutation de l'exploitation capitaliste. Depuis plusieurs décennies, la disparition d'emplois se fait avec notre pleine participation quand nous reprenons à notre compte – gratuitement et dans les mêmes formes de soumission – le travail, simple ou complexe, qui a été dépecé des attributs de l'emploi. Entre autres exemples, analysés dans ce livre, nous pouvons, dans la même journée, être postier ou pompiste, caissier ou banquier, agent commercial ou publicitaire, concepteur ou agent de maintenance, etc.

Ainsi l'invalorisation du travail contraint notre activité de producteur et de consommateur, discipline nos comportements, s'accapare une partie importante de notre temps dit « libre », nous formate, in fine, à accepter par sa banalisation, notamment à travers les développements de l'automation, à servir gratuitement sous l'autorité du capital.

Où et quand ?

vendredi 10 novembre de 10h30 à 12h30, Salle André Frossart à l'Institut des Sciences de l'Homme (14 avenue Berthelot - 69007 Lyon).

Concours CNRS 2018 : soutien Centre Max Weber UMR 5283

Lundi 30 Octobre 2017

Les candidat·e·s au concours CNRS 2018 (sections 36, 40 et 53) qui souhaitent solliciter le soutien du Centre Max Weber (UMR 5283, CNRS / ENS de Lyon / Université Jean Monnet Saint-Etienne / Université Lumière Lyon 2) sont invité·e·s à prendre contact avec Bruno Milly (bruno.milly@univ-lyon2.fr) et Emmanuelle Santelli (emmanuelle.santelli@ish-lyon.cnrs.fr) afin de leur adresser, au plus tard pour le jeudi 30 novembre 2017, un dossier constitué des pièces suivantes :

une lettre de motivation expliquant le choix du Centre Max Weber (en précisant éventuellement une des 6 équipes du laboratoire que le·la candidat·e souhaiterait prioritairement rejoindre) ;
un projet ou pré-projet de recherche ;
un CV (comportant une liste de publications et un résumé de la thèse) ;
éventuellement, le rapport de soutenance de thèse ou les pré-rapports si la thèse n'a pas encore été soutenue. Les candidat·e·s trouveront des informations complémentaires en consultant le site du laboratoire : http://www.centre-max-weber.fr/.

Ce dossier sera évalué lors d'une réunion du bureau du laboratoire, sur la base de l'avis des responsables d'équipe, et la décision de soutenir formellement les candidat·e·s sera prise avant la mi-décembre.